LE PROJET

Le programme de rénovation et d’extension du campus marseillais de Kedge Business School parachève l’intégration de l’école au campus de Luminy. Les futurs bâtiments, qui serpentent à flanc de colline, participent à la cohérence et à l'homogénéité de l'ensemble, lui-même en pleine rénovation.

Concrètement, en quoi consiste le projet de rénovation et d'extension ?

Exceptionnel. C’est la caractéristique du site sur lequel est implantée Kedge Business School Marseille. Elle bénéficie de l'effervescence d’une très grande métropole européenne, tout en étant située en proche périphérie du vaste espace maritime et terrestre du Parc national des Calanques.

Perchée sur la colline de Luminy, l’école de commerce et de management profite d’un point de vue privilégié, mais reste néanmoins isolée des autres infrastructures du site. C’est pourquoi cet important pôle d'enseignement et de recherche fait l'objet d'un vaste programme de rénovation.

Le but ? Etablir une passerelle entre l’école et les acteurs de son écosystème local. En s'ouvrant sur le campus, elle s'intègrera pleinement à un environnement socio-économique de plus en plus dynamique.

En harmonie avec les perspectives des paysages

Considérant la qualité inédite du site, les concepteurs du projet ont également tenu à ce que les nouvelles constructions se fondent le mieux possible dans les courbes et perspectives du paysage. Tout comme les restanques, si caractéristiques du panorama provençal en terrasses, elles viennent s’implanter à flanc de colline.

L’extension se décompose ainsi en strates successives, étagées de façon à épouser la pente naturelle du terrain. Les volumes construits serpentent en lacets pour gravir la colline, créant ainsi une circulation centrale entre la partie basse et la partie haute de l’ensemble. C’est ici qu’éclot un nouveau lieu de vie, de flux et de rencontres, à un emplacement stratégique du Campus de Luminy.

Dans le même esprit, les ouvertures physiques latérales offriront aux usagers un point de vue remarquable sur le site.

Le territoire est mis en valeur

Sur le plan esthétique, le projet architectural est conçu pour refléter une image de qualité et d’ambition de l’école. Tout en valorisant le territoire et son dynamisme, l’architecture du bâtiment apporte un élément d’attraction supplémentaire pour les futurs étudiants comme pour les enseignants et les entreprises.

DES ORDRES DE GRANDEUR EN BREF

  • Kedge Business School se situe sur une parcelle de 47 437 m², dont la CCI Marseille Provence est propriétaire.
  • Les bâtiments déjà construits s’étendent sur une surface totale de 20 124 m².
  • Le projet d'extension se déploie sur une parcelle de 11 300 m² (comprise dans les 47 347 m²) située entre l’avenue de Luminy et les bâtiments existants.
  • Si 6 624 m² de nouveaux bâtiments vont être érigés, l’emprise au sol sera limitée à 2 600 m². Les 8 700  restants accueilleront les aménagements paysagers, le théâtre de verdure, voies pour pompiers, terrasses et cheminements piétons.

Pourquoi rénover et étendre le site

Si Kedge Business School projette de rénover et d’étendre son campus de Luminy, c’est pour accompagner son développement de façon raisonnée, en ligne avec les standards internationaux de l’enseignement supérieur. Il ne s’agit pas d’une course au gigantisme, mais bien d’une ambition qui mise sur la création de valeur.

Les trois quarts. C’est ce que représente la rénovation des bâtiments existants de Luminy sur la surface totale du projet de travaux de Kedge Business School. Avec une extension de 6 600 m2, la volonté de l’école n’est certes pas d’augmenter sa taille de façon significative, mais bien de moderniser son campus et son offre. Son objectif : apporter une nouvelle qualité de service en adéquation avec les attentes de son écosystème et avec son positionnement ancré autour de l’entrepreneuriat, de la RSE et d’une pédagogie innovante et digitale.

À terme, un seul et même site

Étudiants, enseignants, collaborateurs, entreprises… sont aujourd’hui dispersés sur plusieurs sites. Sur la seule ville de Marseille, Kedge Business School compte, en effet, trois campus : La Joliette (dédié à la formation continue et au MBA), Vaufrèges et Luminy (édiés aux programmes Bachelors, Programme Grande Ecole et Masteres) 

Le projet de rénovation et d’extension du campus de Luminy permettra de réunir sur un seul et même endroit l’ensemble de ces acteurs, à l’instar de ce que proposent les business school internationales. Des espaces partagés modulaires connectés ont d’ailleurs été pensés pour favoriser les échanges et les synergies. 

Autre opportunité : ce lieu sera en jonction directe avec le campus universitaire de Luminy (mutualisation des équipements et des services) et avec les transports en commun qui le desservent (bus à haut niveau de service).

Des étudiants internationaux encore plus nombreux

Année après année, Kedge Business School accueille de plus en plus d’étudiants internationaux sur son site de Luminy. Ces publics, avec des attentes particulières, obligent l’école à présenter des standards de qualité de plus en plus élevés en terme d’innovation, tant au niveau des infrastructures que de la qualité de service. Le programme prévoit ainsi notamment :

  • Des espaces de restaurations repartis sur l’ensemble du campus,
  • Une zone détente / sport intégrée
  • Une vie associative développée
  • Des brain bubbles : espaces dédiés à des séances de réflexion collective
  • Un hub numérique d’échange

Un acteur clé de l’enseignement supérieur Métropole Aix Marseille Provence

En tant qu’acteur majeur de l’enseignement supérieur sur le territoire, Kedge Business School a un devoir d’exemplarité. L’école se doit de refléter l’ambition de la région PACA en offrant notamment des locaux emblématiques, à la hauteur de cet enjeu. Mais pas seulement : en renforçant son attractivité, via une marque forte Kedge Business School, valorisée à l’international notamment, elle participe à optimiser celle de son territoire et de ses entreprises.

Des modalités d’apprentissage pour de nouveaux usages

C’est parce que la manière dont les étudiants apprennent et les professeurs enseignent évolue, que Kedge Business School doit sans cesse anticiper. Ces nouvelles modalités exigent, en effet, de repenser des lieux stimulants, tant d’un point de vue intellectuel, créatif que social. C’est pourquoi avec son programme de rénovation et d’extension, l’école a notamment imaginé :

  • des espaces à haut niveau technologique avec des salles de cours modulables et adaptables à l’évolution des formats pédagogiques,
  • une école moteur de l’entrepreneuriat intégrant un "executive center", un hub et une business nursery.

Un campus inscrit dans son environnement

L’ambition initiale avait été clairement affichée lors de la création du Parc National des Calanques. La perspective d’étendre les bâtiments, sous réserve de respecter l’environnement, avait déjà été envisagée. Le but : soutenir l’attractivité du territoire. Quelques années plus tard, le programme de rénovation et d’extension de Kedge Business School (dont les bâtiments ont été construits avant la création du PNC) correspond à l’essence même du projet.

Il prévoit, en effet :

  • l’ouverture des bâtiments sur l’extérieur,
  • la réduction de l’empreinte carbone des étudiants et des collaborateurs du campus par le rattachement direct au BHNS (Bus à Haut Niveau de Service),
  • l’intégration forte du végétal dans les bâtiments (utilisation des toitures terrasses, création d’agoras…),
  • une architecture en phase avec la démarche Bâtiments Durables Méditerranéens (BDM),
  • un haut niveau d’intelligence dans la régulation de la température et des éclairages, et dans le domaine des économies d’énergie en général.

DOSSIER, ÉTUDES, ANALYSES, PERMIS DE CONTRUIRE : LES ÉTAPES DU PROJET

Le projet s’est déroulé dans un esprit de concertation, en parfaite conformité avec la loi et dans le souci de l’intérêt général. Explications.

C’est une réalité : la présence d’une grande Business School internationale favorise l’attractivité et la performance économique d’un territoire. Parce qu’elle en est consciente, la CCI Marseille Provence, propriétaire du terrain et des immeubles actuels du campus de Luminy, a souhaité accompagner le développement de Kedge Business School en investissant dans son projet de rénovation et d’extension du site. Maître d’ouvrage de l’opération, elle finance les études et les travaux.

Le projet sur près de huit ans

  • août 2011 à janvier 2014 (plus de 40 mois) : analyse des besoins, des enjeux et définition du cahier des charges de l'opération.
  • 18 avril 2012 : création du Parc National des Calanques. Le décret de création du Parc est signé au sein de Kedge Business School par le Premier Ministre. Le domaine universitaire de Luminy fait partie de l’aire d’adhésion du Parc.
  • 20 février 2014 : publication du concours de maîtrise d’œuvre.
  • 5 mai 2014 : 1er jury (3 lauréats parmi 68 candidatures sont retenus pour établir une esquisse du futur projet).
  • 8 janvier 2015 : le 2nd jury attribue le projet à l’agence Gaëlle Péneau Architectes Associés (GPAA).
  • 8 juin 2015 : notification du marché.
  • juin 2015 à octobre 2016 : réalisation des différentes phases de conception du projet conformément à la loi relative à la Maitrise d'Ouvrage Publique (loi MOP) .
  • 18 octobre 2016 : dépôt de la demande de permis de construire.
  • 28 juillet 2017 : obtention du permis de construire.
  • septembre à décembre 2017 : rédaction du cahier des charges pour consultation des prestataires.
  • 15 décembre 2017 : publication du marché (21 lots).
  • juillet à septembre 2018 : préparation du chantier.
  • octobre 2018 : démarrage du chantier.
  • mai 2020 : livraison du nouveau campus.
  • septembre 2020 : mise en service du nouveau campus.

Pendant la phase de conception (juin 2015 - octobre 2016), après concertation avec les différentes parties prenantes (Direction Départementale des Territoires et de la Mer, Bataillon de Marins-Pompiers de Marseille, Architecte des bâtiments de France, Service de l'urbanisme de la ville de Marseille, Métropole Aix Marseille Provence, Parc national des Calanques), le projet a été amendé pour trouver le meilleur compromis possible à chaque étape de son développement.

Les mesures prises lors de la conception

Au fil de l’avancée de la phase de conception, différentes mesures ont été prises. Ainsi :

  • Le vitrage "effet miroir" prévu initialement sur les façades a été remplacé par un vitrage neutre afin de multiplier les vues sur le site nature et de supprimer la référence aux constructions de bureaux des "grands ensembles urbains"
  • Afin d'alléger les façades, le garde-corps bâti a été remplacé par un garde-corps en serrurerie ajouré dégageant ainsi les vues depuis les terrasses sur le site environnant
  • Les aménagements paysagers sont retravaillés pour répondre aux différentes exigences réglementaires et aux qualités paysagères d’un tel projet 
  • La végétalisation de l’aménagement est accentuée avec des sujets conservés et d'autres replantés (chênes et espèces endémiques)
  • Conformément aux exigences imposées par la commission de sécurité et la législation concernant les feux de forêt, la végétalisation des toitures-terrasses reste de taille modeste (1 m à 2,50 m)

Quid de l’arrêté de demande d’étude d’impact ? 

Après la phase de conception et en parallèle du dépôt de demande de permis de construire, le dossier de “demande d’étude cas par cas” a été déposé auprès de la Préfecture. L’objet de la démarche : valider la nécessité d’effectuer (ou pas) une étude d’impact, la réponse de la Préfecture conditionnant l’obtention du permis de construire.

En l’occurrence, après une première analyse du dossier présenté par la CCIMP, la Préfecture a pris un arrêté demandant d'effectuer une étude d’impact, basé sur les considérations suivantes :

  • la nature du projet,
  • son objectif,
  • sa localisation,
  • l’avis défavorable de l’architecte des Bâtiments de France,
  • l’absence d’informations sur les déplacements et les stationnements engendrés,
  • les impacts potentiels sur l’imperméabilisation des surfaces supplémentaires (susceptibles de modifier les écoulements hydrauliques), sur la destruction potentielle d’habitats et d’espèces et sur la modification des perceptions et caractéristiques paysagères.

Un recours gracieux, pourquoi ?

Suite à l’arrêté d’étude d’impact, la CCIMP a décidé de déposer un recours gracieux. En effet, comme le permet la réglementation en vigueur, ce recours offre la possibilité aux dépositaires d’apporter des éléments de réponse aux interrogations et autres problématiques soulevées aux services instructeurs.

Pourquoi ce recours ?

Parce que la CCIMP estimait que certaines pièces et informations jugées manquantes étaient bien présentes dans des dossiers déposés aux différents services instructeurs (sur la gestion efficace du stationnement et des nouveaux trafics générés – ou sur l’absence de nouveaux trafics –, et sur la compensation hydraulique des surfaces imperméabilisées). La CCIMP a ainsi pu fournir à la Préfecture une étude de transport (déjà intégrée au dossier de demande de permis de construire) et une étude hydraulique fournie (déjà présente dans le dossier loi sur l’eau).

Par ailleurs, la CCIMP a souhaité compléter et étayer les réponses aux questions qui portaient sur la réglementation environnementale, l’insertion du projet dans le paysage local et le respect du patrimoine naturel (principe “éviter/réduire/compenser”). Elle a donc commandé une analyse complémentaire à un bureau d’étude environnemental spécialisé indépendant (Morancy Conseil Environnement). Ce diagnostic écologique du site est venu compléter l’étude d'évaluation des incidences du projet sur le site de natura 2000 déjà réalisée par le bureau d’étude NATURAE.

Enfin, la CCIMP a proposé un certain nombre d’engagements environnementaux compensatoires (voir encadré ci-dessous).

Permis de construire accordé

Après analyse des éléments complémentaires fournis par la CCIMP, la Préfecture a décidé de retirer la demande d'effectuer une étude d’impact. Elle a estimé que les pièces produites permettaient de répondre à toutes les questions soulevées.
Cette décision a permis d'ouvrir la possibilité d'obtenir le permis de construire, permis ensuite délivré par la Ville de Marseille et qui n'a donné lieu à aucun recours dans les délais légalement impartis.

Et le défrichement ?

Par ailleurs, la Préfecture a autorisé la CCIMP à lancer les opérations de défrichement. Sur le principe, cette autorisation était conditionnée à un choix : la CCIMP devait s’engager soit à reboiser (en menant à bien le projet de renaturation du parking haut), soit à reverser 6 936 € (montant calculé par les services préfectoraux) au Fonds Stratégique de la Foret et du Bois. Preuve de sa bonne volonté, la CCIMP a fait le choix de répondre aux deux conditions.

Les engagements environnementaux compensatoires pris par la CCIMP

  • Mettre en œuvre un chantier à faibles nuisances.
  • Replanter des arbres pour favoriser une insertion rapide du projet dans son environnement.
  • Conserver 37 grands pins présents sur la partie Nord de la parcelle.
  • Préserver et entretenir annuellement la zone identifiée “pelouse méditerranéenne” située le long de l’avenue de Luminy (elle abrite l'Orphis Abeille, une orchidée remarquable qui sera conservée).
  • Réaliser des compléments d’inventaire concernant la faune, et spécifiquement les chiroptères (chauve-souris). 
  • Travailler en concertation avec les équipes spécialisées de la Préfecture pour établir (et faire évoluer) la liste des essences à planter de préférence sur le site.
  • Co-construire avec l’ensemble des parties prenantes le projet de renaturation du parking haut.

QUID DES PROJETS ÉCARTÉS

Avant d’obtenir le permis de construire le 28 juillet dernier, six projets de rénovation et d’extension de Kedge Business School Marseille ont été passés au crible.

Des scénarios étudiés, mais abandonnés

Les cinq pistes qui ont été écartées avaient un défaut commun : ne pas relier le site de Kedge Business School au campus universitaire de Luminy, indispensable pour réunir l’ensemble des acteurs sur un seul et même lieu.

  • 1e projet : délocalisation de l’école dans le quartier Euroméditerranée

En 2008, une étude de faisabilité a été réalisée pour implanter l’école Euromed Management avec le regroupement de l’ensemble de ses annexes, en centre-ville, dans le quartier Euroméditerranée. Après l’examen de trois variantes d’aménagement (entre 28 000 et 30 000 m²), ce projet de délocalisation a été abandonné, principalement pour des raisons économiques.

  • 2e projet : extension sur le terrain de Luminy, propriété de la ville de Marseille

En 2009, l’emplacement de la parcelle constructible propriété de la ville de Marseille, jouxtant le campus existant de Luminy dans sa partie Sud, a été étudié. Le programme recommandait une extension de 22 500 m² et la restructuration de 17 200 m² de bâtiments pour l’enseignement et de 4 500 m² de SDP pour 180 logements. Un scénario finalement abandonné par l’école et les parties prenantes en raison de sa situation géographique enclavée en fond de vallon (risques d’incendies exceptionnels), de sa trop proche proximité avec le PNC, du positionnement des DFCI (Défense des forêts contre l'incendie) et des contraintes urbanistiques fortes.

Projet d'extension partie sud du campus

  • 3e projet : le site de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture

En 2011, l’option d’extension sur le site de l’école d’architecture, a rapidement été abandonnée. Les raisons : absence de campus unique, de jonction fonctionnelle entre les sites et architecture non adaptée au fonctionnement d’une école de commerce moderne et innovante.

  • 4e projet : transformation du campus de Vaufrèges

En 2012, la surface déjà bâtie s’est vite révélée insuffisante, même avec le rachat du foncier de l’OPAC. Les droits à construire résiduels ne permettaient pas d’effectuer les extensions nécessaires (Coefficient d’Occupation des Sols de 0,25, emprise au sol des bâtiments limitée à 1/3 de la surface du terrain et une hauteur limitée à 6 m pour les constructions neuves). Enfin, selon le nouveau Plan Local d’Urbanisme, cette parcelle (propriété de la CCIMP), classée UET (zone économique de transition) favorisait le développement de l’accueil d’entreprises avec une meilleure insertion de ces activités à proximité des secteurs résidentiels. Le site n'était donc pas adapté pour y développer une école de commerce. 

  • 5e projet : le scénario de l’architecte des Bâtiments de France

En 2016, l'Architecte des Bâtiments de France a préconisé « l’implantation d’un ensemble bâti » sur le parking actuel, situé à l’Ouest de l’école. Cette parcelle (propriété de la ville) est située dans un espace naturel à protéger (carrières, carrières à renaturer et espaces naturels remarquables au sens de la loi littoral et d’espaces littoraux). Une contrainte supplémentaire qui empêche la réalisation de celle envisagée pour l’extension de l’école. De plus, ce terre plein se situe partiellement dans le Parc national des Calanques. Et enfin cette solution ne permettait pas de connecter l'école au Campus de Luminy, ni de la relier au mode de transports collectifs.

Le passage en mode consultation

Lancée le 20 février 2014 par la CCI Marseille Provence, la consultation a recueilli 68 candidatures. Chacune a été examinée par un jury, volontairement élargi par la CCIMP afin de faire le choix le plus pertinent possible au regard des différents enjeux.

Ce jury était composé :

  • 1 collège représentant la maîtrise d'ouvrage (4 membre élus de la CCIMP)
  • 1 collège représentant les personnes qualifiées (1 membre de la CCIMP, de Kedge Business School, de la Ville de Marseille et de l’Université d’Aix Marseille)
  • 1 collège représentant la maîtrise d'oeuvre (1 architecte conseil, 1 paysagiste, 1 économiste et 1 ingénieur environnemental)

En premières analyses…

Avant de sélectionner le lauréat, une première commission réunissant le jury s’est déroulée le 5 mai 2014 pour retenir 3 candidats. Au final, le jury a retenu, le 8 janvier 2015, le projet de GPAA (Gaëlle Péneau architectes associés).

UN PROJET QUI S’INTÈGRE DANS SON ENVIRONNEMENT

Le projet de rénovation et d’extension de Kedge Business School à Luminy nécessite d’abattre 292 pins d’Alep, dont l’espèce n’est pas menacée. Les expertises ont montré que les autres impacts sur la faune et la flore locales sont faibles. Performances énergétiques, mobilité douce, empreinte carbone… au regard des bénéfices du projet, le bilan environnemental global s’avère positif.

Que prévoit le projet architectural retenu par Kedge Business School ? Un campus boisé, pensé dans la continuité du paysage Parc des Calanques. Dessiné selon la géométrie des restanques, le futur bâtiment viendra structurer le panorama, créant des lacets successifs qui serpentent le long de la colline.

Si l’objectif du programme de rénovation et d’extension du site de Luminy était de s’intégrer à son environnement, il devait également connecter Kedge BS au campus universitaire, avec un accès direct depuis l’avenue de Luminy et aux lignes de transports en commun. Mais, l’intégration des nouvelles infrastructures dans la pente du paysage nécessite le déboisement partiel de 292 pins d’Alep, dont 37 seront conservés. (292 chênes verts et espèces endémiques seront plantés à la place).

Un projet architectural, mais aussi paysager.

Face à ce constat, le projet paysager associé au programme architectural prévoit à la fois de replanter un nombre d’arbres équivalent et d’enrichir les variétés de végétaux présents sur le site de Luminy. La pinède devient ainsi une chênaie verte propice à la biodiversité.

Pourquoi un tel choix ? D’abord, parce qu’il contribue à atteindre le climax (autrement dit le point d’apogée climatique pour un milieu naturel) recherché par le Parc National des  Calanques. Ensuite, parce qu’il renforce la sécurité du site face aux risques d’incendie de forêt.

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Perspective de la façade du bâtiment - avant consultation des parties prenantes 

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Perspective de la façade du bâtiment - après consultation des parties prenantes

Vers une meilleure utilisation de l’énergie

C’est un fait : la vétusté et le manque d’isolation des locaux actuels, construits en 1970, génèrent une forte consommation énergétique, y compris pour des besoins de climatisation. Avec le projet d’extension et de rénovation du campus de Kedge Business School, 20 % de cette consommation globale serait réduite, notamment en optimisant l’isolation des bâtiments. 

Sur le volet extension, un double objectif a été assigné :

  • dépasser de 5% l’objectif d’efficacité énergétique prévu par la norme de construction RT2012 (coefficient Bbio servant à évaluer l'efficacité énergétique d'une construction),
  • obtenir une consommation d’énergie primaire inférieure de 10 % à la norme RT2012.

Un faible impact sur la faune et la flore

Il faut le rappeler : les données clés du diagnostic écologique du site ont été établies par le cabinet MORANCY CONSEIL ENVIRONNEMENT dans le cadre des éléments complémentaires communiqués à la préfecture.
Les habitats naturels présents (pins d’Alep, espace de garrigues, pelouse méditerranéenne) représentent un enjeu local de conservation faible voire très faible.
Côté flore, une seule espèce remarquable a été observée sur le site : l’orchidée Ophris Abeille. Pour la protéger, la pelouse sur laquelle elle pousse sera préservée. Aucune des 79 autres espèces végétales recensées ne représente un enjeu local de conservation.

S’agissant de la faune, l’impact est également très faible. Parmi les 12 espèces communes d’insectes identifiées, aucune ne présente un enjeu local de conservation. Côtés reptiles, seul le lézard vert occidental, qui représente un faible enjeu local de conservation, est présent sur le périmètre du projet. Quatre espèces communes de mollusques terrestres ont été identifiées, aucune ne présentant un enjeu local de conservation fort.

Une vingtaine d’oiseaux peut être observée, mais l’attrait de la zone reste très limité. Aucune espèce à enjeu local modéré ou fort n’est recensée sur la zone d’étude.
Quant aux mammifères, eux aussi peu attirés par cette zone, ils sont seulement représentés par deux espèces communes (écureuil roux et sanglier), avec des enjeux de conservation faibles à très faibles. L’écureuil roux est ponctuellement de passage pour ses quêtes alimentaires.

Au final, les habitats et les espèces recensés restent communs dans la région et ne sont pas menacés. Les espèces patrimoniales présentes dans le massif des Calanques sont absentes de la zone d’étude, qui n’offre pas d’habitats propices à leur présence. La prise en compte de la situation exceptionnelle du site en bordure du Parc permet ainsi une empreinte environnementale maitrisée. A titre d’exemple, les 292 pins d’Alep coupés (espèce commune) seront compensés par la plantation de 292 chênes verts et espèces endémiques (espèces réduisant le risque d’incendies).

Mobilité douce encouragée, empreinte carbone maîtrisée

Les études et les sondages menés au sein de Kedge Business School l’attestent : les usages liés aux déplacements évolueront avec l’arrivée du Bus à Haut Niveau de Service. Les “Très Grands Bus” circuleront, en effet, de façon très fluide, puisqu’une voie leur sera réservée pour desservir le campus universitaire de Luminy. De plus, l’arrêt de bus se trouvera à proximité immédiate de la nouvelle entrée principale de Kedge Business School. Autant de facteurs qui inciteront étudiants et collaborateurs à privilégier ce mode de transport, en lieu et place des voitures...et donc des embouteillages !

On s’y attend aussi : les vélos seront de plus en plus utilisés avec la réalisation d'une piste cyclable isolée de la chaussée effectuée lors des travaux de voiries pour le BHNS. Elle débouchera à proximité de l’entrée principale de l’école, avenue de Luminy (avantage plus incitatif) et non plus, comme c’est actuellement le cas, rue Antoine Bourdelle, où il faut franchir une forte pente pour accéder à l’entrée, qui décourage même les bonnes volontés. L'école prévoit donc de continuer à développer la mise à disposition en libre-service de modèles de vélos à assistance électrique en lien avec les aménagements urbains de la métropole Aix Marseille Provence.

Toujours en matière d’évolution des modes de transport et de maîtrise de l’empreinte carbone associée, la future configuration du site permettra de développer le covoiturage. Enfin, le projet prévoit une station de rechargement pour les véhicules électriques. Toutes les solutions d’intermobilité ont été envisagées.

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